Production industrielle - Usine de montage

Comment aborder 2012 ? Des industriels témoignent

Publié le 02 janvier 2012

L’année 2012 est arrivée, et avec elle son lot d’incertitudes économiques entretenues par une ambiance morose. Face à une conjoncture difficile, les patrons de petites et moyennes entreprises (PMI) et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) industrielles ont chacun leur façon de faire. L’Usine Nouvelle en a interrogé quelques-uns.

Jérôme Siat, PDG du groupe Alphitan, société de maintenance de systèmes électriques et électroniques

Prévisions – Nous avons eu une bonne année 2011 mais nous avons que peu de visibilité pour 2012. Nous avons toujours l’indicateur de confiance du Groupement des entreprises de service et maintenance de matériel électrique. Cela permet de prendre un peu la température du secteur, de voir les tendances en termes d’embauche et d’investissement. Mais cet outil reste une visibilité endogène à la profession et notre boulot est de faire des opérations de manutention et de retrofit (changement de moteur pour redonner une seconde vie à la machine outil, Ndlr) qui se tourne vers tous les industriels. Nous sommes très liés aux cycles d’investissements des entreprises mais notre solution de maintenance permet aussi de repousser le rachat de machines. Sauf si les lignes de production s’arrêtent comme en 2008, nous devrions avoir du travail.

Stratégie – Après avoir réduit tous les coûts internes superflus, il y a deux façons de faire face à une conjoncture incertaine. La première consiste à faire le sous-marinier : on se cache sous la surface avec le périscope qui sort de l’eau pour observer ce qui se passe. On gèle alors embauches et investissement. Nous choisissons l’offensif : nous occupons le terrain pour être présent quand la balle arrivera. Nous nous plaçons actuellement sur le haut de gamme : la réparation de la motorisation moyenne et haute tension. Nous nous positionnons aussi sur le cerveau-moteur, un moteur piloté par de l’électronique. Nous avons aussi une politique de gestion des risques. L’année dernière, nous avons décidés de ne pas rester les deux pieds dans le même sabot mais d’en garder un en France et en mettre un en Allemagne. Nous avons observé que les marchés ne vont pas à la même vitesse. Comme ils ne suivent pas le même cycle, cela évite de voir nos commandes chuter dramatiquement.

Morgane REMY